Le pouvoir de la musique (Books Magazine)

28Juil10

Le magazine Books consacre son numéro d’été au pouvoir de la musique. Ce dossier spécial est décomposé en trois grands chapitres: 1) Homo musicus, le cerveau et l’évolution, 2) L’empire des sons, de Mozart au hip-hop, 3) La tentation politique, de Platon aux talibans. Chaque article fait référence à un ou plusieurs ouvrages liés au thème abordé ce qui comblera aisément sa bibliothèque musicale.

L’introduction d’Olivier Postel-Vinay nous apprend que les chercheurs évaluent à 4% le pourcentage des humains qui se disent insensibles à la musique. Une minorité qui se prive de plonger dans l’extase ou le ravissement dixit Oliver Sacks, auteur de Musicophilia paru aux éditions du Seuil en 2009 et dont on retrouve un texte dans Books.

Au sommaire également, comment les mouvements musicaux nés sous le signe de la révolte ou de la contestation ont été récupérés par l’industrie de masse et se sont banalisés: cas du disco et du hip-hop. Plus léger, la musique d’ascenseur qualifiée de chloroforme social et une pollution est quant à elle décryptée dans un extrait du livre Elevator Music. A Surreal History of Muzak, Easy Listening and Other Moodsong, de Joseph Lanza (Quartet, 1995).

Jacques Attali, auteur de Bruits (Fayard/PUF, première édition 1977, nouvelle édition 2001, livre de poche 2009) donne une interview dans laquelle il explique la dimension politique de la musique qui a pour fonction première de canaliser la violence. Il parle aussi du rapport à la sexualité: L’acte musical contient clairement une promesse de plaisir sexuel et du pouvoir d’évocation: Quand on écoute une musique qu’on a appréciée, on ne sait pas si c’est elle qu’on aime ou le souvenir qu’elle ravive.

Excellent article de J. Gabriel Boylan sur John Cage et son oeuvre manifeste 4’33 ». Il écrit que le silence a un charme fou, presque mythique. En outre, nos oreilles sont d’autant plus sensibles qu’un calme parfait règne autour de nous. Le silence favorise la contemplation, voire l’illumination. Cela explique probablement le fait que les musées soient des endroits calmes si ce n’est les plus calmes et heureusement car depuis la révolution industrielle, trouver des espaces et vivre des expériences hors de portée du vacarme est devenu de plus en plus difficile. Il est donc conseillé de chercher le silence le plus souvent possible car en plus de la nuisance sonore, quand le bruit ne diminue jamais, l’activité cérébrale tend à l’encéphalogramme plat.

Le dangereux pouvoir de la musique fait notamment allusion aux talibans afghans qui interdisent purement et simplement l’écoute ou la pratique de musique s’inspirant d’une maxime prêtée au prophète Mahomet : Celui qui écoute de la musique et des chansons en ce monde aura du plomb fondu coulé dans les oreilles le Jour final. On explique aussi les liens qu’entretenaient les SS avec la musique en se servant de son « pouvoir » comme instrument de propagande, de discipline et de torture dans les camps de concentration. Heureusement, des hommes comme Daniel Barenboïm tente de réconcilier les peubles (ici les Israéliens et les Palestiniens) en les faisant jouer au sein du même orchestre. Il nous raconte cette formidable aventure dans son livre La musique éveille le temps (Fayard, 2008).

Dans un autre registre, Fela, les Negro Spirituals et Eminem sont également au programme…

Publicités


No Responses Yet to “Le pouvoir de la musique (Books Magazine)”

  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :